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Musique gasconne au programme de l’orchestre de Labouheyre !

39 élèves apprennent à jouer d’un instrument traditionnel dans les Landes

 

Coup de projecteur sur un orchestre à l’école qui met à l’honneur la musique traditionnelle de sa région ! Vielles à roue, cajóns, cornemuses landaises, accordéons diatoniques, ou encore flûtes à trois trous ; autant d’instruments que les enfants de l’école de Labouheyre peuvent pratiquer ensemble du CE2 au CM2. L’expérience est un vrai succès : témoignages des porteurs du projet ci-dessous, à travers l’article écrit par Fanny Léonor Crouzet publié dans Sud Ouest.

 

Dans les Landes, la musique gasconne est à bonne école

LABOUHEYRE

Des élèves du CE2 au CM2 reçoivent des enseignements du Conservatoire. Rencontre.

 

Les professeurs de musique dispensent des cours à l’orchestre à l’école © F.L.C pour Sud Ouest

 

« Les vielles rentrent sur la cinquième touche du clavier. Et puis les cajóns font « Boum, boum, boum, boum », d’accord ? Ensuite, on fait rentrer les bourdons de cornemuses sur un sol fermé. C’est compris pour tout le monde ? » Les élèves acquiescent et se préparent à jouer la partie A d’une chanson gasconne. Simon Guillaumin, professeur de musique traditionnelle au Conservatoire des Landes, lève les mains pour appeler au silence. Et les quatre vielles, presque synchrones, entament un chant lancinant dans la salle de classe. Depuis un peu plus d’un an, la classe de GMI de l’école Olympe-de Gouges de Labouheyre profite du dispositif Orchestre à l’école, initié par l’Éducation nationale. À l’échelle locale, l’initiative revient à la directrice, Virginie Abadia. Avec d’autres enseignants, elle a réuni un tiers des financements annuels de ce qu’imposait le projet, soit environ7000 euros. Les deux tiers restants sont pris en charge par le Conseil départemental et les collectivités locales. Appel aux dons, démarchage d’entreprises, organisation d’animations en dehors des heures de cours : l’équipe de professeurs des écoles a donné de son temps pour permettre la naissance de cet échange musical. Pendant trois ans, 39 écoliers apprennent à jouer d’un instrument traditionnel gascon. Accordéon diatonique, cornemuse landaise, flûte à trois trous, vielle à roue ou cajón : les  élèves ont une heure et demie chaque semaine pour pratiquer en groupe l’instrument de leur choix, qui leur est prêté par le Conservatoire.

Lors d’une heure supplémentaire dédiée à l’orchestre, ils s’initient également au chant et au vocabulaire de la langue gasconne. «Ici, on travaille seulement à l’oral, sans faire de solfège. Et on remarque que de cette manière, ceux qui sont un peu à la traîne en classe d’habitude ne le sont pas du tout en musique, explique Simon Guillaumin. La musique rééquilibre un peu les choses. »

 
Donnant-donnant
Éric Oberlé, Yan Cozian et Matiu Dufau, également professeurs au Conservatoire des Landes et visiteurs hebdomadaires de l’école Olympe de Gouges, adaptent leur enseignement au dispositif. Au Conservatoire, en effet, la technique instrumentale se transmet de professeur à élève seul. Ici, les cours de technique se font par groupe de quatre à dix, pratique que le Conservatoire des Landes a reprise en son sein, en créant un atelier de pratique collective pour les enfants. En matière éducative, le projet sert une classe d’élèves issus de milieux sociaux très différents. Selon Virginie Abadia, les valeurs ajoutées de la présence du Conservatoire à l’école sont « énormes, en termes de gain de confiance en soi, de respect de l’autre et de compétences à l’oral ». Si bien que le professeur a déjà démarche le collège de la ville dans le but de pérenniser le projet, via des classes à horaires aménagés, au-delà des trois ans prévus par l’Éducation Nationale. L’enseignante espère aussi pouvoir relancer le dispositif auprès des futurs CE2 de son école, une fois ce cycle terminé. « En à peine un an, le projet a soudé la classe. Et dans un autre temps, quatre des élèves ont voulu pratiquer plus souvent et je leur donne des cours au Conservatoire, raconte Simon Guillaumin. C’est donnant-donnant.»

 

Culture traditionnelle
Parmi les disciplines traditionnelles enseignées, figurent le chant et la musique Cependant, la danse n’a pas été oubliée. L’année passée, les écoliers de Labouheyre ont intégré à leur spectacle de fin d’année du rondeau et des chorégraphies de leur invention, sur des airs de hip-hop. « Dans cette classe, il y a des enfants issus de milieux sociaux et d’horizons différents », constate Simon Guillaumin. Virginie Abadia apprécie aussi les apports du métissage des cultures. La directrice d’école considère l’apprentissage commun d’une nouvelle langue, le gascon, et des instruments traditionnels comme une occasion de gommer les inégalités. Un petit plus apprécié, qui n’était pas forcément prévu dans la partition initiale. »

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